Le rappeur franco-guinéen MHD libéré de prison, retour sur l'affaire !!

Le rappeur franco-guinéen MHD libéré de prison, retour sur l'affaire !!

Le rappeur MHD a été remis en liberté sous contrôle judiciaire selon plusieurs sources à l'AFP. Il était incarcéré à Paris pour une rixe mortelle en 2018.

Après un an et demi en prison, MHD a été remis en liberté sous contrôle judiciaire, annoncent plusieurs sources à l'AFP ce jeudi 16 juillet 2020. Une source proche du dossier a indiqué à l'AFP que le mandat de dépôt du musicien expirait ce jeudi, et son avocate Maître Elise Arfi a confirmé qu'il avait été libéré en milieu de journée. MHD pourrait toutefois retourner en détention prochainement, si la cour d'appel de Paris infirme le 23 juillet une ordonnance de non-prolongation de sa détention provisoire.

Le jeune rappeur avait été mis en examen et écroué en janvier 2019 pour "homicide volontaire" dans une rixe mortelle en 2018 à Paris. Depuis, il nie toute participation aux faits. Dans la nuit du 5 au 6 juillet 2018, un jeune homme de 23 ans, Loïc K., a été renversé par une voiture, passé à tabac et blessé à l'arme blanche par une bande d'une dizaine d'individus, dans le Xe arrondissement de Paris.
 
La scène, filmée par un témoin depuis une fenêtre, serait un règlement de comptes entre deux bandes rivales de la capitale. MHD, qui appartiendrait à la bande du XIXe arrondissement qui aurait agressé le jeune homme, a été identifié par au moins trois témoins, selon les premiers éléments de l'enquête révélés par Le Parisien. Une dizaine d'individus seraient aussi mis en examen. L'enjeu pour le juge d'instruction en charge de cette affaire est de faire toute la lumière sur le déroulé de cette soirée.
 
Les derniers éléments de l'enquête.
 
Depuis sa mise en examen, MHD continue de contester avoir participé à la rixe mortelle, mais les derniers éléments du dossier, révélés par Le Parisien, viennent mettre à mal sa version. Dans les faits, il s'agit davantage d'un passage à tabac qu'une rixe, puisque Loïc K., la victime, était seul dans les rues du dixième arrondissement de Paris lorsqu'il croise une dizaine de membres d'une cité du XIXe arrondissement, d'où vient MHD, apparemment rivale avec celle à laquelle Loïc K. appartenait. Il est environ 2h50 quand la rencontre se fait, rue Saint-Maur, et lorsque plusieurs individus de la bande de la cité de MHD sortent d'une Mercedes noire. C'est d'ailleurs sur ce point précis que les premiers soupçons se posent sur le rappeur très populaire en France, mais aussi à l'étranger. Le Parisien affirme que la voiture en question lui appartient de façon certaine. Pour preuves, des "documents de voyage pour la Guinée ainsi qu'un cahier de 89 pages intitulé 'MHD, histoire d'enfances irrégulières'", ont été retrouvés dans l'habitacle, explique le quotidien, qui apporte également les circonstances qui ont mené à ce drame.
 
Et il ne faut pas remonter très loin pour en trouver l'origine puisque quelques heures plus tôt, des membres de la bande de la cité de la Grange-aux-Belles, celle de Loïc K., s'étaient introduits au domicile Binke K., l'un de ceux de la cité des Chaufourniers, celle de MHD. Pris à partie par ses rivaux, Binke K. parvient à se réfugier dans les étages supérieurs et à contacter son frère... Qui n'est autre qu'un proche du chanteur mis en examen. Loïc K. n'aurait donc été que la victime d'une vengeance visant davantage la cité adverse dans son ensemble, plus que sa propre personne. Voilà pour les circonstances qui entourent cet événement tragique, auquel MHD réfute donc être lié de près ou de loin. Sa Mercedes, le rappeur assume en être le propriétaire, mais il a expliqué à la juge d'instruction avoir l'habitude de la laisser à disposition des membres de sa cité. Autre élément troublant : sur la vidéo amateur ayant immortalisé la scène, on distingue la tenue d'un des participants à la rixe, qui porte un ensemble de marque Puma.
 
Problème, pour MHD, cet ensemble n'est pas disponible à la vente pour le commun des mortels. Seuls les "ambassadeurs" de la marque allemande, dont fait partie le natif de la Roche-sur-Yon, se voient offrir cette tenue. Ce même participant arborait une teinture blonde au moment des faits, la même que celle de MHD. "On est plus de vingt à la cité à avoir une teinture blonde", a-t-il assuré devant la juge. Concernant la tenue Puma, le rappeur plaide encore sa générosité envers ses voisins de cité : "Je reçois plusieurs colis chaque semaine et ça m'arrive de distribuer aux gens […] J'ouvre mon coffre, soit c'est moi qui donne, soit les gens se servent directement". Et à MHD de résumer sa soirée, selon sa version des faits : "Je n'étais pas présent sur les lieux. Dans la soirée, on a commencé à aller au bowling et ensuite on s'est retrouvé à la Cité rouge. […] Je suis remonté chez moi aux environs de 2 heures. Quand je suis redescendu, il n'y avait plus personne dans le quartier". Pour l'instant, révèle encore le Parisien, aucune "preuve scientifique ou technique" n'a été trouvée par les enquêteurs, comme, par exemple, une emprunte. Toujours présumé innocent, MHD est malgré tout toujours incarcéré dans le cadre de sa détention provisoire.
 
MHD positif au Covid-19
 
A en croire les informations de BFMTV diffusées ce vendredi 27 mars à la mi-journée, le rappeur originaire de la Roche-sur-Yon aurait été testé positif au Covid-19 après avoir été contaminé en prison. Depuis plus d'un an, le jeune artiste de 25 ans est incarcéré à la prison de la Santé, dans le 14e arrondissement de Paris, dans le cadre de sa mise en examen pour homicide volontaire. C'est dans cet établissement pénitentiaire que Mohamed Sylla, alias MHD, aurait contracté le Covid-19. Au début du mois, le rappeur s'était vu refuser un placement sous bracelet électronique et condamné donc à rester en détention provisoire, expliquait une source judiciaire à l'AFP.
 
Les contaminations en milieu carcéral ont fait l'objet de nombreux débats depuis le début de la crise sanitaire du coronavirus. Jeudi 26 mars, le sujet avait d'ailleurs été évoqué par Nicole Belloubet, ministre de la Justice, sur France Inter. Elle avait annoncé que 10 détenus avaient été pour le moment testés positifs au Covid-19 et que 450 autres, détenus dans différents établissements pénitentiaires français, présentaient des symptômes. Pour endiguer au maximum les risques de transmission, plusieurs mesures ont été prises : les parloirs des prisons ont été fermés, les promenade aménagées en petits groupes et les détenus présentant des symptômes doivent être isolés.
 
LePouvoir/Linternaute
 

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