À l’occasion du vernissage de l’ouvrage du professeur Pascale Auguste Mpiana Kabeya consacré à la passation des marchés publics, le professeur Jacques Ndjoli, père scientifique de l’auteur, a livré une analyse élogieuse et engagée sur la portée de cette publication pour la République démocratique du Congo.
Prenant la parole aux côtés du professeur Évariste Boshab, Jacques Ndjoli a exprimé sa « grande joie » d’avoir participé à cet événement scientifique, saluant un ouvrage qu’il qualifie de référence tant sur le plan théorique que pratique. Selon lui, ce livre explore en profondeur les fondements constitutionnels de la commande publique, tout en détaillant les procédures et les multiples dimensions du droit des marchés publics.
« Cet ouvrage est une véritable mine d’or à exploiter par les Congolais et pour le Congo », a-t-il déclaré, insistant sur la richesse de l’analyse proposée par l’auteur. Il met en avant la polyvalence juridique du professeur Mpiana Kabeya, qui a su dépasser le cadre strict du droit administratif pour intégrer des dimensions pratiques et même anthropologiques liées à la gestion des marchés publics.
Pour Jacques Ndjoli, le respect des règles de passation des marchés publics constitue une condition essentielle à la transformation du pays. Il rappelle que derrière ces dispositions juridiques se cachent des enjeux économiques majeurs, impliquant des millions de contrats de travaux, de fournitures et de prestations intellectuelles.
Cependant, il déplore les nombreuses entorses observées dans la pratique en RDC, où les procédures d’appel d’offres sont souvent contournées au profit des marchés de gré à gré. « Ce qui devrait être l’exception tend malheureusement à devenir la règle », regrette-t-il.
L’universitaire souligne pourtant que la loi du 10 avril 2010 offre un cadre complet et structuré, allant de la préparation des commandes à l’exécution des marchés, en passant par les mécanismes de contrôle et de sanction. Il note également l’ouverture vers les partenariats public-privé, qu’il considère comme une opportunité stratégique pour le développement du pays.
Au-delà de la qualité scientifique de l’ouvrage, Jacques Ndjoli insiste sur la nécessité de rendre le droit accessible à tous. Il appelle à vulgariser les textes juridiques afin de les sortir de leur caractère souvent « ésotérique » et de permettre aux citoyens de se les approprier.
Dans cette optique, il rappelle le rôle clé du citoyen dans la lutte contre la mauvaise gouvernance. Tout Congolais, explique-t-il, peut saisir les instances de régulation en cas d’irrégularités constatées dans l’attribution d’un marché public. « La règle ne vaut que par les hommes qui l’appliquent », martèle-t-il, soulignant l’importance de la compréhension et de l’appropriation des lois.
Enfin, il plaide pour la traduction des textes juridiques dans les langues nationales, conformément aux dispositions constitutionnelles, afin de garantir leur intelligibilité et leur diffusion auprès du plus grand nombre.
À travers cet ouvrage, le professeur Pascale Auguste Mpiana Kabeya offre ainsi un outil précieux pour renforcer la transparence et la bonne gouvernance dans la gestion des ressources publiques en RDC.
LK