La République démocratique du Congo, premier producteur africain de cuivre, pourrait perdre jusqu’à 125 000 tonnes de production en 2026 si les perturbations dans l’approvisionnement en intrants chimiques persistent au-delà de mai, selon une note de Goldman Sachs relayée par Reuters. Cette baisse représenterait environ 3,6% de la production estimée à 3,5 millions de tonnes en 2025.
La banque américaine maintient toutefois son objectif de cours du cuivre à 12 650 dollars la tonne pour 2026. Elle avertit néanmoins d’un risque de choc d’offre lié à la rareté du soufre et de l’acide sulfurique, essentiels au procédé SX-EW utilisé dans une part importante de la production mondiale.
Deux facteurs aggravent la situation : le blocage du détroit d’Ormuz, qui perturbe les flux logistiques, et la décision de la Chine de suspendre ses exportations d’acide sulfurique à partir du 1er mai. En RDC, certains opérateurs disposent encore de stocks pour quelques semaines, mais une prolongation des retards jusqu’en juin pourrait entraîner une baisse de production significative.
Les mines les plus exposées sont celles qui dépendent fortement de la lixiviation acide, notamment Tenke Fungurume et Kamoa-Kakula. Les importations de soufre et d’acide sulfurique ont déjà fortement reculé au premier trimestre 2026, confirmant les tensions sur la chaîne d’approvisionnement.
Même si cette baisse potentielle de l’offre pourrait être en partie compensée par un ralentissement de la demande mondiale, l’impact sur les recettes publiques congolaises reste préoccupant, le cuivre constituant une source majeure de devises pour le pays.
Danny Ngubaa Yambushi










