Crise en RDC : un appel urgent lancé sur les violations des droits humains

La Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l'Homme, Nada Al-Nashif, a dépeint un état alarmant sur la situation des droits humains en République Démocratique du Congo (RDC)
au cours du Dialogue interactif tenu dans le cadre de la 58ème Session du Conseil des droits de l’homme, ce mardi à Genève. Ce rapport fait état des violations continues des droits de l’homme et de l’intensification de la crise humanitaire, exacerbées par l'offensive du groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Dans sa mise à jour orale, la Haut-Commissaire adjointe a indiqué que depuis le début de l'année, le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme a enregistré 602 victimes d'exécutions sommaires dans les seules provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. D'autres violations sont également signalées, y compris des meurtres, des mutilations et des enlèvements, commis par divers groupes armés dans la province de l'Ituri. Al-Nashif a également noté une augmentation alarmante de la violence sexuelle liée aux conflits, avec une hausse de plus de 270 % des cas signalés entre janvier et février.
« Les forces de la RDC et leurs alliés ont aussi été impliquées dans des attaques contre des civils », a-t-elle précisé, appelant à une responsabilité universelle pour les actes de violence.
Al-Nashif a souligné que le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l'homme, malgré les conditions de sécurité difficiles, a soutenu les autorités congolaises dans le renforcement de l'État de droit, la justice transitionnelle et la lutte contre l'impunité.
La crise humanitaire se poursuit, avec près de 26 millions de personnes confrontées à une insécurité alimentaire d'urgence et de crise, et 7,8 millions de personnes déplacées, dont 3,8 millions dans les provinces du Kivu. Des milliers d'écoles ont été fermées ou détruites, laissant plus de 1,6 million d'enfants sans accès à l'éducation. Pour Al-Nashif ,il urge de s’attaquer aux causes profondes du conflit, notamment l'exploitation illégale des ressources naturelles du pays.
Elle est revenue sur la nécessité d’accélérer les processus de justice transitionnelle en RDC. Les autorités doivent adopter des positions fermes contre la corruption et les discours de haine, a-t-elle déclaré. Le soutien des Nations Unies devrait se poursuivre en fournissant expertise et ressources pour aider à la réforme du Code pénal afin de criminaliser le discours de haine.
« Après près de trois décennies de guerre et plus de six millions de morts, il est évident qu’il n’y a pas de solution militaire à ce conflit », a affirmé Al-Nashif. Elle a appelé à un leadership local, national et régional renforcé, et à un engagement ferme de la communauté internationale pour faciliter une paix durable.
Al-Nashif a également demandé des comptes à ceux qui profitent des ressources naturelles dans des conditions dangereuses et illégales, insistant sur le fait qu'il est de la responsabilité des États et des entreprises de ne pas se cacher derrière des chaînes d'approvisionnement opaques. Elle a averti que, sans actions concrètes, la violence pourrait envahir toute la région et que l’urgence est et reste de garantir que les violations des droits humains soient combattues de manière efficace et immédiate.
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