Mettre à profit le potentiel numérique (Par Edouard Simba, expert international en mondialisation mathématiques, analyses des politiques publiques, gestion des risques et désastres de changement climatique)

Mettre à profit le potentiel numérique (Par Edouard Simba, expert international en mondialisation mathématiques, analyses des politiques publiques, gestion des risques et désastres de changement climatique)

Mettre à profit le potentiel /(Par Edouard Nsimba, Expert International en Modélisation Mathématiques, Analyse des Politiques Publics, Gestion des Risques et désastres de Changement Climatique)

C’est depuis trois décennies que les technologies numériques sont exploitées dans différents secteurs dans le monde. En finance, dans les médias, le transport, le tourisme, la santé, l’agriculture, aucun secteur n’est épargné par la vague du numérique et aujourd’hui c’est toute l’économie mondiale qui devient numérique.

Le concept « économie numérique », très en vogue depuis ces dernières années, n’a pas une définition unique. Citons celle de Laurent Cohen Tanugi qui définit l’économie numérique comme « la nouvelle économie de l’information et de la communication, qui regroupe les télécommunications, l’audiovisuel et les industries de l’information, tous secteurs qui sont recomposés par le phénomène de la convergence numérique et par les normes IP».

 

Différentes qualifications sont notamment utilisées pour décrire l’économie numérique : Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) ou NTIC, nouvelle économie, nouvelles technologies, économie électronique, économie digitale, etc.

 

L’économie numérique est le résultat d’une utilisation très répandue des nouvelles technologies et sa contribution dans la croissance et la productivité de beaucoup des pays est non négligeable. Elle a un impact sur tous les secteurs de l’économie, sur l’environnement des entreprises, les particuliers, les ménages et leur comportement.

L’économie numérique : définition  et impact

Avant d’être finalement désigné sous le vocable « Economie numérique » et prendre l’aspect et la dimension connus actuellement, le concept a expérimenté plusieurs mutations depuis ces dernières années.

D’abord, connu sous l’appellation de « Nouvelle Economie » au début des années 90, le concept est par la suite devenu « Economie de l’information et du savoir » pour finalement devenir « Economie Numérique ». Dès lors ses impacts tant sur le plan économique, social, culturel, environnemental n’ont cessé de gagner en importance.

A l’époque où l’on parlait de « Nouvelle Economie », on était dans un contexte où l’informatique et l’outil internet gagnaient en expansion. La nouvelle économie regroupe le secteur des NTIC et s’inspirant des travaux de l’OCDE qui retient les trois grands secteurs suivants liés aux TIC, on peut dessiner le contenu de cette nouvelle économie :

  • les secteurs producteurs de TIC (fabrication d’ordinateurs et matériels informatiques, de TV, de radios et de téléphones, d’appareils d’instrumentation et de mesure) ;
  • les secteurs distributeurs de TIC (commerce de gros de matériels informatiques, y compris les importateurs) ;
  • les secteurs de services de TIC (services des télécommunications, services informatiques, y compris la location de matériel informatique et les services audiovisuels).

Néanmoins, la notion de Nouvelle économie est vue d’avantage comme « une expression diffusée et popularisée par des médias qu’un concept scientifique défini par les économistes ».

Sans contester le rôle croissant des nouvelles technologies dans l’activité économique, l’idée de la diffusion d’un nouveau modèle économique et social est remise en cause dans les débats sur la Nouvelle économie.

L’« économie de l’information et du savoir » a pris naissance lors du Sommet Mondiale de la Société de l’Information qui s’est tenu à Genève et à Tunis respectivement en 2003 et 2005.

Dans la déclaration de principes de 2003 on parle de la volonté de « développer une société de l’information dans laquelle chacun a la possibilité de créer, d’obtenir, d’utiliser, et de partager l’information et le savoir et dans laquelle les individus, les communautés et les peuples puissent ainsi mettre en œuvre toutes leurs potentialités en favorisant leur développement durable et en améliorant leur qualité de vie, conformément aux buts et aux principes de la charte des Nations Unies ainsi qu’en respectant pleinement et en mettant en œuvre la Déclaration universelle des droits de l’homme.

 

Les bases pour construire l’Economie de l’information et du savoir ont dès lors été jetées et c’est ainsi que des investissements importants ont été réalisés partout dans de nombreux pays pour construire cette économie de l’information et du savoir.

 

Par la suite, les avancées faites dans différents domaines, particulièrement dans le secteur des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) ont permis au concept d’évoluer pour devenir aujourd’hui l’Economie numérique.

Les deux dernières décennies ont vu la réalisation de progrès considérables en ce qui concerne la mémorisation, le traitement et la transmission de l’information numérisée, ce qui a permis la convergence de l’informatique, des télécommunications et de l’audiovisuel. « Les secteurs producteurs de matériels et équipements des TIC ainsi que les services informatiques et de télécommunications forment ce qu’on qualifie désormais de secteur de l’économie numérique. »

The Australian Bureau of Statistic voit en l’économie numérique « le réseau mondial des activités économiques et sociales qui sont activées par des plates-formes telles que les réseaux Internet, mobiles et de capteurs, y compris le commerce électronique ».

L’économie numérique ne se limite pas au secteur des TIC mais englobe tous les secteurs d’activités qui s’appuient sur les TIC, elle est devenue une technologie universelle et a un caractère transversal. Son impact sur tous les secteurs d’activité et dans le monde n’est plus à démontrer, l’utilisation d’internet et les avancées qu’il a permis sur les marchés et dans le domaine de l’entrepreneuriat en témoigne.

Les acteurs de l’économie numérique sont constitués des :

  1. Entreprises des secteurs producteurs des services des technologies de l’information et de la communication (STIC) au sens de l’OCDE ou de l’Insee, dont les activités s’exercent dans les domaines de l’informatique, des télécommunications et de l’électronique.
  2. Entreprises dont l’existence est liée à l’émergence des TIC (services en ligne, jeux vidéo, e-commerce, médias et contenus en ligne…).
  3. Entreprises qui utilisent les TIC dans leur activité et gagnent en productivité grâce à elles (banques, assurances, automobile, aéronautique, distribution, administration et tourisme…).
  4. Particuliers et les ménages qui utilisent les STIC dans leurs activités quotidiennes, pour les loisirs, la culture, la santé, l’éducation, la banque, les réseaux sociaux.

L’économie numérique a permis l’émergence de nouveaux secteurs innovants et aujourd’hui nombreux sont les secteurs d’activités qui dépendent d’elle. La figure 3 donne la composition de l’économie numérique.

Figure 3 : Composition de l’économie numérique

 

Source : « L’impact de l’économie numérique », revue Sociétal n°71 

Une étude de COE-Rexecode considère que le numérique joue un rôle primordial dans la croissance. L’économie numérique impacte la croissance économique en général en favorisant d’une part une augmentation du capital numérique en tant que facteur de production (contribution directe) et d’autre part en entrainant une amélioration de la productivité globale de facteurs grâce à la forte utilisation des technologies numériques (contribution indirecte).

Il est un fait indéniable aujourd’hui que nos économies et nos sociétés ne peuvent se passer des technologies numériques. Les TIC se retrouvent dans le processus de production tout comme dans celui de consommation à travers une offre de plus en plus importante de toute une gamme de biens numériques qui ont contribué à changer la façon de vivre d’une proportion assez significative d’habitants de la planète.

Programme de recherche & développement 

La toute première démarche consiste à établir une politique de formation en faveur du numérique surtout dans l’enseignement supérieur. On devrait encourager les étudiants vers les matières scientifiques. Un soutien particulier doit être apporté aux universités considérées comme acteur-clé du numérique et de l’innovation à travers la recherche et développement (R&D).

Il faudrait également envisager des programmes de formation professionnelle en adéquation avec les nouveaux besoins des entreprises et administrations tout en prenant compte de la stratégie de délocalisation des multinationales de leurs activités de production vers les pays émergents (PE) et pays en voie de développement (PVD).  .

 

Résumé des stratégies publiques pour soutenir l’économie numérique dans 5 pays

 

Source : Selon le rapport de l’IFG sur l’évaluation relative au soutien à l’économie numérique.

RESPECT DES NORMES 

Le cadre légal et réglementaire de l’économie numérique est important pour stimuler l’offre. Le cadre réglementaire qui existe dans beaucoup des pays en voie de développement (PVD) ne couvre pas tous les aspects de l’économie numérique. S’il est vrai que récemment des décrets sur l’administration électronique et la signature électronique sont passés, il reste néanmoins d’autres caps importants à franchir comme : actualiser les lois sur la propriété intellectuelle, faire voter le projet de lois sur le commerce électronique, les télécommunications Les autorités concernées devraient mettre en place une task-force pour travailler sur les différents problèmes auxquels est confronté ce secteur et proposer des lois pouvant  encadrer le numérique.

Investissements en capital – risque 

Le soutien financier aux jeunes entreprises reste l’une des stratégies clés pour encourager l’émergence des nouvelles entreprises. C’est la raison pour laquelle beaucoup de pays ont fait des investissements en capital-risque pour booster le numérique.

Cette pratique est surtout fréquente aux Etats-Unis. La mise en place d’un fonds d’innovation pour les start-up est une stratégie à laquelle les PVD doivent penser pour amener le numérique à un stade plus avancé. Des efforts doivent être fournis pour le financement des Petites et Moyennes Entreprises (PME), donner des incitatifs à des sociétés de capital-investissement et à des sociétés de capital-risque qui auront à financer les start-ups et les PMEs.

Politiques publiques en faveur des incubateurs technologiques 

Les jeunes entreprises évoluant dans le secteur de l’économie numérique ont souvent besoin des structures pour les accompagner dans leur premier stade de développement.

A travers le monde et spécialement dans les pays leaders de l’économie numérique, on a assisté au fleurissement des structures appelées incubateurs qui visent à accompagner, faciliter l’émergence des entreprises dans ce secteur. Les PVD doivent s’inspirer de cette pratique et faire le design des politiques publiques en faveur des incubateurs pour stimuler l’offre pour le numérique.

Il faut la mise en place partout dans les PVD, des Centres Incubateurs d’Innovation Technologique doté de laboratoire de fabrication (FabLab). Ces Centres doivent avoir une structure qui offre des services d’accompagnement pour créer ou accélérer des entreprises qui utilisent les dernières technologies dans des secteurs ayant un grand potentiel de création d’emplois et de valeur ajoutée. Les entreprises qui vont être incubées doivent bénéficiés des différents services : mentorat, coaching, financement, réseautage etc.

L’exemple du Vietnam 

Une étude du Global Business Center de l’Université Tufts (Etats-Unis) montre que le Vietnam positionne actuellement au 48e rang sur 60 pays classés pour la vitesse de la transformation numérique de l’économie et au 22e rang pour la vitesse du développement digital.
« Au Vietnam, les services numériques sont le domaine à plus forte croissance et correspondent aux atouts exceptionnels du Vietnam comme la population jeune, l’engouement de la technologie et le penchant pour les réseaux sociaux », a estimé Nguyên Quang Dông, directeur de l’Institut de

Recherche sur les politiques et de développement et de la communication.

« La technologie numérique et l’économie numérique seront une force motrice importante, une clé pour résoudre le problème de la productivité du travail, aidant le Vietnam à surmonter le piège du revenu moyen et à réaliser l’opportunité de devenir une puissance moyenne à l’horizon 2040 ».
Google, Temasek et Bain & Company ont aussi indiqué dans le rapport « e-Conomy SEA 2020 » que l’économie numérique du Vietnam continue d’afficher une croissance à deux chiffres. Dans l’ensemble, la GMV (Gross Merchandise Value) devrait croître de 16% en glissement annuel, à 14 milliards d’USD en 2020. A  l’horizon 2025, l’économie numérique atteindrait 52 milliards d’USD.
Confirmant cette tendance, une autre étude de l’organisation Data 61 (Australie), le PIB du Vietnam pourrait augmenter d’environ 162 milliards d’USD en 20 ans si le pays réussit sa transformation numérique.

Selon les experts, le Vietnam possède des avantages en termes de ressources humaines et de soutien du gouvernement. Par conséquent, créer une vague et un moteur du développement de l’économie numérique constituent une orientation à suivre pour pérenniser cette dynamique. Reconnaissant les avantages de la quatrième révolution industrielle, le gouvernement vietnamien a élaboré des politiques pour que le pays puisse saisir les opportunités liées au digital.
Le Premier ministre a signé le 31 décembre 2020 une décision portant promulgation de la Stratégie nationale sur la quatrième révolution industrielle à l’horizon 2030 en vue de réaliser les objectifs fixés dans la Résolution N°52 du politbureau en date du 27 septembre 2019 sur certaines options et politiques pour participer proactivement à la quatrième révolution industrielle.

L’objectif global de la stratégie consiste à tirer parti des opportunités de la quatrième révolution industrielle, à maîtriser pour l’essentiel et appliquer largement les nouvelles technologies dans les différents secteurs socio-économiques.

Selon cette stratégie, l’économie numérique du Vietnam représentera environ 20% du PIB national, la productivité du travail croîtra de plus de 7% en moyenne annuelle d’ici 2025 ; ces chiffres devraient s’élever respectivement à environ 30% du PIB et à plus de 7,5% à l’horizon 2030.

Le rapport sur l’économie numérique de l’Asie du Sud-Est en 2020 publié conjointement par Google, Temasek et Bain & Company, l’e-commerce suggère que l’économie numérique des six pays que sont Singapour, l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, la Thaïlande et le Vietnam, compte 40 millions de nouveaux internautes en 2020, ce qui porte le nombre total des utilisateurs d’Internet à 400 millions.

Malgré un contexte économique difficile dû à l’épidémie du COVID-19, le secteur numérique en Asie du Sud-Est continue de croître fortement, avec un chiffre d’affaires de 100 milliards d’USD en 2020 et le potentiel pour atteindre le cap des 300 milliards d’USD d’ici 2025.

Un changement important s’est opéré dans la structure de l’économie numérique de cette région. Le commerce électronique a explosé et est devenu le secteur le plus important de l’économie numérique avec un chiffre d’affaires de 62 milliards d’USD en 2020 et une croissance de 63%. Ce secteur devrait poursuivre sa trajectoire pour viser un chiffre d’affaires de 172 milliards d’USD d’ici 2025.

Au Vietnam, du fait de la distanciation sociale imposée par la COVID-19, les utilisateurs ont commencé à rechercher des solutions via Internet pour éviter tout contact direct. Beaucoup de gens se sont tournés vers les services numériques. Plus précisément, le taux des nouveaux utilisateurs au Vietnam représente 41% des internautes totaux ; c’est le taux le plus élevé en Asie du Sud-Est. Et 94% des nouveaux utilisateurs ont l’intention de continuer à utiliser ces services numériques une fois la pandémie terminée.

Ce rapport indique aussi qu’avant l’épidémie, les Vietnamiens passaient en moyenne 3,1 heures/jour sur Internet à des fins personnelles. Lors de la distanciation sociale, ce nombre est monté en flèche à 4,2 heures/jour et est redescendu maintenant à 3,5 heures/jour. Huit utilisateurs sur 10 pensent que la technologie est un outil très utile et pratique en période de pandémie et que la technologie est devenue une partie indispensable de leur vie quotidienne. La valeur totale de l’économie numérique du Vietnam est estimée à 14 milliards d’USD.

Les secteurs à forte croissance dans l’économie numérique de l’Asie du Sud-Est sont le commerce électronique, la livraison de nourriture et les médias en ligne. En particulier, le paiement numérique est passé de 600 milliards d’USD en 2019 à 620 milliards d’USD en 2020 et devraient atteindre 1,2 billion d’USD d’ici 2025.

Les communications en ligne ont également augmenté de 22% pour atteindre 17 milliards d’USD en 2020 grâce à une augmentation des fournisseurs de streaming vidéo, avec un facteur de croissance de 12 au Vietnam et de 18 en Thaïlande.

En particulier, le nombre d’investissements dans la technologie en Asie du Sud-Est a augmenté de 17% entre le premier semestre 2019 au 2020. Cependant, la valeur totale des transactions commerciales a légèrement diminué, passant de 7,7 milliards d’USD à 6,3 milliards d’USD, en raison de la baisse des investissements importants dans les starts-ups.

À noter que la valeur des transactions dans le secteur de la finance numérique (FinTech) a bondi à 835 millions d’USD au premier semestre de 2020, contre 475 millions d’USD au cours de la même période de 2019.

L’exemple du Brésil

A la suite de plusieurs visites au Danemark, afin d’étudier notamment le fonctionnement des portails de service public borger.dk et de la plateforme commune aux municipalités sundhed.dk, le Brésil a choisi ce pays comme modèle pour sa transformation numérique. Un programme de coopération a vu le jour entre l’Autorité commerciale danoise et le Brésil afin de s’appuyer sur l’expérience danoise, le Danemark étant considéré comme le pays le plus avancé de l’Union européenne (UE) en matière de dématérialisation des services publics. De plus, un laboratoire d’innovation a été créé afin de réfléchir aux processus de travail avant informatisation, qui travaille en étroite collaboration avec le MindLab.

L’autre fondement de la stratégie numérique brésilienne est la consultation publique lancée en août 2017. Neuf thèmes ont été soumis à l’avis des citoyens brésiliens : infrastructure, recherche et développement, sécurité informatique, éducation, développement international, données, appareils connectés, nouveaux modèles commerciaux et Administration numérique. L’accès à internet représente un enjeu majeur, dans le cadre de la mise en place de cette stratégie, car selon l’Agence nationale des Télécommunications, malgré une utilisation massive d’internet, 75 % des ménages en 2016 n’avaient pas accès à l’internet à haut débit.

La stratégie digitale du Brésil : une stratégie globale structurante

Le 21 mars, le président Michel Temer a signé un décret adoptant la stratégie brésilienne de transformation numérique (E-Digital) et entérinant la création d’un comité interministériel (composé de six ministres) en charge de ces questions (CITIDigital).

La stratégie s’inscrit sur quatre ans, et vise un développement économique et social inclusif, par une promotion de l’innovation, un soutien à la compétitivité et à l’emploi. Diverses mesures sont prévues en matière de protection des données personnelles, de respect de la vie privée et de renforcement de la cybersécurité. Cette nouvelle politique s’appuie sur une collaboration avec la communauté scientifique, le secteur privé et la société civile et prévoit une implication de toutes les entités du secteur public compétentes en matière de numérique.

Le numérique apparaît également comme un moyen de lutter contre la corruption, réduire la bureaucratie et donc, d’accroître la satisfaction du citoyen-usager du service public et de lui offrir aussi les moyens de s’exprimer. Par exemple, 165 000 Cariocas ont participé aux différentes plateformes proposées par Lab.Rio.

Un impact considérable en termes économiques est aussi recherché. Le développement des technologies numériques pourrait augmenter le PIB de près de 97 milliards de dollars. Dans le même temps, le numérique doit favoriser l’inclusion sociale. Certaines mesures déjà prises en 2017 ont montré des effets significatifs. Par exemple, une loi a autorisé quatre petites banques à créer des produits financiers réservés aux plus démunis, comme la possibilité d’ouvrir des comptes bancaires en ligne depuis un téléphone mobile, et 70 000 comptes supplémentaires ont été ouverts en seulement neuf mois.

Des impacts et applications dans de multiples domaines de la gestion publique

Le développement du numérique dans la sphère d’activité publique va permettre d’utiliser l’Intelligence Artificielle qui pourrait avoir des applications concrètes très rapides. C’est, par exemple, le cas dans le domaine de la lutte contre la corruption, où le Brésil a fait d’énormes progrès ces dernières années, grâce à l’adoption en 2011 de la loi d’accès à l’information, qui rend les données ouvertes obligatoires pour toutes les entités publiques.

En effet, un groupe brésilien a créé un robot, appelé Rosie, qui contrôle le remboursement des frais de représentation des députés. En septembre 2016, à partir d’une campagne de financement participatif, l’opération « Serenata de amor » a été lancée. 8 000 remboursements suspects ont été détectés grâce à ce programme.

Dès 2017, un plan stratégique avait été adopté par le gouvernement brésilien afin de développer l’Internet des Objets dans les secteurs privé et public. Cette technologie représente un gros potentiel de croissance (les projets dans ce domaine pourraient apporter 132 milliards de dollars à l’économie brésilienne d’ici à 2025) et devrait être utilisée dans les secteurs suivants : les « smart cities », la santé, l’agroalimentaire et l’industrie. Les premiers projets ont vu le jour avec « hôpital 4.0 » qui vise la réduction du temps d’attente dans les hôpitaux et « Fazenda Tropical 4.0 » qui augmente la productivité des cultures grâce à une gestion optimisée des caractéristiques biologiques des produits.

L’exemple de l’Afrique 

La Tribune Afrique publie un article le 24 avril 2021 très intéressant. Je vous prie de lire l’essentiel de l’article ci-dessous :

Economie digitale, un moteur de croissance pour l’Afrique ?

L’Afrique a la possibilité d’utiliser l’économie digitale comme moteur de croissance et d’innovation. Mais si elle ne parvient pas à combler la fracture numérique, ses économies risquent de s’isoler et de stagner.

A l’évocation de la transformation digitale sur le continent, un premier constat se profile : la digitalisation est en bonne voie dans les cinq sous-régions africaines. Toutefois, il existe des disparités entre celles-ci et bien évidemment entre les 54 Etats du continent. D’un côté, nous avons des champions de la transformation digitale, suivis par les challengers, et enfin les pays où la transformation digitale n’est pas une priorité pour l’instant, notamment parce qu’ils vivent une situation de tensions ou de conflits.

« Pour développe l’économie digitale, deux éléments de base s’imposent. D’abord une infrastructure de TIC conséquente pour lancer des services digitaux. On ne peut pas prétendre avoir des services d’e-learning ou du e-santé par exemple si l’on ne dispose pas d’une infrastructure adéquate… Et contrairement aux infrastructures classiques, celles des TIC demandent surtout une impulsion et une vision claire pour être au même niveau et avoir les mêmes technologies que celles des pays avancés », explique Adnan Ben Halima, vice-président en charge des relations publiques de Huawei Northern Africa, qui s’exprimait lors d’une e-conférence organisée le 14 avril sur l’économie digitale.

En effet, les indicateurs sur les infrastructures de communication et l’économie digitale nous rapprocheraient vite de la réalité de la transformation digitale du continent : seulement 17 % de la population dispose de suffisamment de moyens pour se procurer un gigaoctet de données, contre 37 % en Amérique latine et Caraïbes et 47 % en Asie. Les coûts les plus faibles sont observés en Afrique du Nord et les plus élevés en Afrique centrale.

En Afrique australe, la transformation digitale est à deux vitesses. Parmi les pays de l’Union douanière d’Afrique australe (SACU) – Afrique du Sud, Botswana, Eswatini, Lesotho et Namibie -, l’Afrique du Sud s’impose comme chef de file de la transformation digitale.

A l’inverse, dans les pays non membres de la SACU − Angola, Malawi, Mozambique, Zambie et Zimbabwe −, la transformation digitale n’en est qu’à ses balbutiements avec seulement 25 % de la population ayant accès à Internet.

Dans cette sous-région, seulement 23 % de la population a les moyens d’acheter 1 Go de données mobiles chaque mois. L’Afrique du Sud est le principal moteur d’une économie numérique dynamique dans la région. Le pays compte entre 700 et 1 200 startups spécialisées dans les technologies actives dans plusieurs secteurs. L’Afrique du Sud détient également le nombre de centres de données le plus élevé d’Afrique, soit 21, contre 1 centre pour le Mozambique et 3 pour l’Angola.

Selon une étude récente de l’Union africaine et de l’OCDE, l’Afrique de l’Est qui compte quatorze pays détient le record mondial de la pénétration des services de paiement mobile, avec 1 106 comptes de paiement mobile déclarés pour 1 000 adultes. La généralisation des services de paiement mobile au Kenya a permis d’extraire au moins 194 000 ménages de l’extrême pauvreté. Toutes, seulement 34 % de la population de la sous-région a les moyens d’acheter 1 Go de données mobiles chaque mois

En 2019, les startups technologiques d’Afrique de l’Est ont levé plus de 729 millions de dollars d’investissements, contre 367 millions en 2016. Pour l’essentiel, ces investissements concernent le Kenya, devant le Rwanda et l’Ouganda.

Avec six pays, l’Afrique du Nord est la région la mieux connectée du continent avec un taux de pénétration de la téléphonie mobile à quelque 70% et un taux de couverture 4G à 83 % en 2020.

La Mauritanie et l’Egypte enregistrent des degrés de digitalisation relativement plus faibles que les autres pays. Le taux de pénétration du téléphone est plus élevé en Algérie et en Tunisie, tandis que la couverture 4G est mieux assurée au Maroc et en Tunisie. Enfin, la couverture Internet semble être meilleure en Libye et en Algérie.

Le potentiel digital de l’Afrique du Nord a permis d’améliorer la communication des entreprises à travers des sites Internet et le développement des plateformes de commerce électronique.

En Afrique de l’Ouest qui compte 15 pays, l’écosystème digital de la région se développe rapidement puisque le nombre de pôles technologiques actifs est passé de 84 en 2016 à 142 en 2018. Les services de banque mobile ont favorisé l’inclusion financière dans la sous-région qui atteint 57.1 % dans l’Union économique et monétaire ouest‑africaine (UEMOA) en 2018, avec des taux remarquables pour certains pays, notamment le Togo avec un taux 71.9 %.

En Afrique centrale qui compte 9 pays, seules 9 personnes sur 100 utilisent un ordinateur et seulement le tiers (34.2 %) de son du territoire est couvert par la 4G. Les paiements mobiles ont été multipliés par 9 depuis 2010 … mais le potentiel des entrepreneurs dans le digital reste largement sous-exploité. Dans cette sous-région, seulement 5 % des villes intermédiaires se trouvent dans un rayon de dix kilomètres du réseau de fibre optique terrestre à haut débit, alors qu’en Afrique de l’Ouest elles sont 20 % dans ce cas.

Former les talents de demain

Le second élément de base pour développer une économie digitale, ce sont les ressources en termes de talents, comme le rappelle Ben Halima. « Dans les pays où Huawei est présente en Afrique, nous avons lancé différents programmes de formation avec des institutions locales, comme ICT Academy dont l’objectif est de former entre 5 000 et 10 000 élèves ou élève ingénieurs par pays. Nous collaborons également avec les départements nationaux de tutelle pour sélectionner les meilleurs élèves ingénieurs afin de leur fournir une formation en Chine », rappelle Adnan Ben Halima.

L’accès à l’Internet reste hors de portée pour la plupart des habitants du continent, les startups numériques peinent à attirer des financements et les entreprises « traditionnelles » n’adoptent que lentement les technologies et plateformes numériques pour stimuler la productivité et les ventes. Peu de gouvernements investissent de manière stratégique et systématique dans le développement de l’infrastructure, des services, des compétences et de l’esprit d’entreprise numériques.

L’Afrique doit voir grand en matière de développement numérique. Au rythme actuel des réalisations socio-économiques, un grand nombre de jeunes africains se verront refuser la possibilité de réaliser leur potentiel. Les technologies numériques offrent une chance de corriger cette trajectoire, en ouvrant de nouvelles voies pour une croissance économique rapide, l’innovation, la création d’emplois et l’accès à des services qui auraient été inimaginables il y a seulement dix ans.

Dans une vision universelle, l’économie digitale devrait immanquablement accélérer la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies notamment sur le continent africain. Finalement, il n’y aurait pas de secret à mettre en place une réelle économie digitale : une volonté politique, des investissements ciblés, des infrastructures numériques de qualité et des ressources humaines talentueuses pour relever le défi des dix prochaines années.

« Je pense que les technologies vont booster les économies émergentes. Elles devraient permettre à l’Afrique de jouer, d’ici 2030, un rôle plus important, avec à la clé plus d’investissements étrangers, une réduction du taux de chômage et plus d’opportunité pour que les jeunes puissent révéler leurs talents », préconise Ben Halima.

Quelques définitions et concepts fort utiles 
Quels sont les 3 piliers de l’économie numérique ?

Nous pouvons identifier 3 piliers opérationnels dans la transformation digitale des organisations et tous sont essentiels pour réussir : la technologie, l’organisation et la culture.

Comment Peut-on caractériser l’économie numérique ?

L’économie numérique englobe les activités économiques et sociales qui sont activées par des plateformes telles que les réseaux internet, mobiles et de capteurs, y compris le commerce électronique

Quels sont les avantages de l’économie numérique ?

L’économie numérique permet donc d’être en relation directe avec les consommateurs et ce sans contrainte de temps ni de lieu. Cette économie facilite, en outre, la personnalisation des relations avec une clientèle devenue plus exigeante en termes de qualité, des services et des produits qu’on lui présente.

Quel âge a l’économie numérique ?

Même si elle repose sur des technologies déjà anciennes [1][1]Le réseau ARPANET a été déployé à partir de 1969. L’économie numérique contemporaine n’a que vingt ans : elle est née de la décision des pouvoirs publics américains d’ouvrir Internet à des applications civiles.

Quels sont les effets et les caractéristiques de l’économie numérique ?

Le secteur manufacturier et l’agriculture : L’économie numérique a amélioré les activités de conception et de développement, ainsi que la capacité de contrôler les processus de production dans les usines, de même que les robots, ce qui a permis d’atteindre une plus grande précision dans la conception et le développement …

Quels sont les impacts de l’économie numérique sur l’emploi ?

Avec la digitalisation, de nombreuses tâches peuvent être automatisées, ce qui fait craindre le retour d’un chômage technologique. Mais c’est surtout la structure des emplois qui est bouleversée : on assiste à une polarisation de l’emploi avec ses conséquences en termes d’inégalités.
Quelle est la principale conséquence du numérique sur l’offre ?

La conséquence principale de la dématérialisation, c’est d’entrainer à terme la réduction significative, voire même la disparition, des produits matériels auxquels elle se substitue.

Qui sont les acteurs de l’économie numérique ?

L’économie numérique comprend le secteur des télécommunications, de l’audiovisuel, du logiciel, de l’Internet et les secteurs qui les utilisent en tant que cœur ou support de leur activité ».

Les conséquences du numérique sur les modes de production et de …

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