« Nous devenons désormais propriétaires » : témoignage d’un habitant de Pakadjuma sur relogement 

« Nous devenons désormais propriétaires » : témoignage d’un habitant de Pakadjuma sur relogement 

Lancée ce vendredi par l’Hôtel de ville de Kinshasa, l’opération de relogement des habitants de Pakadjuma marque un tournant pour des centaines de familles contraintes de quitter ce quartier précaire. Entre soulagement et interrogations, les sinistrés tentent de se projeter dans une nouvelle vie, cette fois avec la promesse d’une reconnaissance foncière formelle.

« Ici à Pakadjuma, personne n’était propriétaire », confie un habitant rencontré sur les lieux du départ. Comme beaucoup d’autres, il admet que les occupants ne détenaient aucun document parcellaires en bonne et due forme. « Là où le gouvernement provincial nous installe, on nous remettra des fiches attestant que ces terres nous appartiennent désormais », ajoute-t-il, nourrissant l’espoir d’une stabilité longtemps attendue.

D’après son témoignage, les autorités provinciales auraient engagé des discussions préalables avec les chefs coutumiers de Badara, dans la commune de Nsele, afin de garantir la disponibilité des terrains destinés à accueillir les déplacés. Certains ménages seront établis à Badara, d’autres dans différents sites de la Nsele.

Dès les premières heures de la journée, les convois ont commencé à évacuer les familles et leurs biens. « Ma femme est partie avec nos effets dans le premier voyage. Nous attendons le retour des véhicules pour poursuivre », explique-t-il. À l’arrivée, les bénéficiaires sont enregistrés avant de recevoir des documents attestant leur droit d’occupation.

L’homme reconnaît toutefois que l’occupation à Pakadjuma relevait d’un statut précaire. Il affirme avoir acquis son emplacement auprès d’agents de l’Office National des Transports (ONATRA), moyennant paiement, ce qui lui avait permis d’y ériger six hangars destinés à la location. La concession, précise-t-il, appartenait à l’État.

Mais l’opération ne se déroule pas sans zones d’ombre. Le sinistré redoute notamment que des personnes non concernées s’infiltrent dans le processus pour bénéficier indûment de parcelles. Il déplore également un déficit de communication autour des modalités de la démolition.

Selon lui, les autorités avaient initialement évoqué la démolition des habitations situées à 15 mètres de la voie ferrée et distribué des jetons aux occupants concernés, avec la promesse d’une rétribution préalable. « Le jour de la démolition, aucun jeton n’a été exigé et l’opération a dépassé les 15 mètres annoncés », regrette-t-il.

Malgré ces frustrations, de nombreux déplacés voient dans ce relogement l’opportunité d’accéder enfin à une sécurité foncière officielle. Pour les autorités urbaines, le défi reste désormais d’assurer la transparence du processus et d’éviter toute contestation susceptible de fragiliser cette transition.

 

LK

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