Cimetière de Kintambo : plus de 123 000 sépultures effacées par des enterrements superposés
Une révélation choc secoue la capitale congolaise. Plus de 123 200 sépultures seraient aujourd’hui portées disparues au cimetière de Kintambo, en plein centre de Kinshasa, à la suite de décennies d’inhumations pratiquées par superposition.
L’information a été rendue publique jeudi par Steve Mulumba, président de la commission Environnement, Aménagement du territoire et Développement durable de l’Assemblée provinciale de Kinshasa (APK), à l’issue d’une mission d’information et de contrôle.
Selon lui, les enterrements se sont poursuivis pendant 44 ans sans véritable réorganisation de l’espace funéraire. « Les inhumations se sont faites par superposition, c’est-à-dire en enterrant de nouveaux corps au-dessus d’anciennes sépultures. Cette pratique a progressivement effacé les traces des défunts précédemment enterrés », a-t-il expliqué.
Au fil des années, cette méthode aurait entraîné la disparition pure et simple de milliers de tombes, rendant impossible l’identification de nombreux défunts. « Aujourd’hui, on peut estimer que plus de 123 200 corps ont ainsi disparu, devenus introuvables à cause de ces superpositions successives », a précisé le député provincial.
Cette situation soulève de vives préoccupations, tant sur le plan du respect dû aux morts que sur celui de la gestion des espaces publics. Elle met également en lumière les défis liés à la saturation des cimetières dans une ville en constante expansion démographique.
La mission de l’Assemblée provinciale pourrait déboucher sur des recommandations visant à réorganiser la gestion des sites funéraires et à prévenir de nouvelles irrégularités dans l’avenir.
Dans une capitale où la pression foncière est de plus en plus forte, le dossier du cimetière de Kintambo relance le débat sur la planification urbaine et la dignité des lieux de mémoire.
LK






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