Prestation de serment des trois juges : La démocratie congolaise est-elle menacée ?

Prestation de serment des trois juges : La démocratie congolaise est-elle menacée ?

L'alternance pacifique au sommet de l'État a été une belle occasion par laquelle les congolais ont démontré que lorsqu'ils veulent de quelque chose, ils y travaillent et défient tous les sceptiques. l'Afrique a noté que la démocratie congolaise venait de franchir un pays là  où on ne la voyait  pas fleurir. Mais depuis quelques mois, cette avancée tant applaudie par le monde fait face à une volonté manifeste du retour à la dictature.

Contrairement à ce que d'aucuns pensent, la dictature ne s'installe pas en un jour et par une décision. Elle s'installe sournoisement par une suite de décisions s'écartant petit à petit de l'esprit et de la lettre de la loi suprême. Le régime en place s'illustre depuis quelques temps à violer de manière délibérée et répétitive la constitution du pays dans le but d'obtenir ses dividendes politiques utilisables à court ou moyen terme.
 
Oui, la démocratie congolaise est réellement menacée lorsqu'on oblige le Sénat et l'Assemblée nationale à cautionner la prestation de serment des juges constitutionnels contre tous les bons principes juridiques qui réglementent ce corps.
 
La nomination de ces hauts magistrats du pays n'a nullement suivie la procédure indiquée. Choisir de passer en force pour installer des juges acquis à sa cause n'a pas d'autres qualificatifs. Plusieurs éminents juristes ont démontré, loi fondamentale à l'appui, comment ces ordonnances de ces nominations avaient clairement violé la constitution. Mais comme toujours, plusieurs autres chantres et flatteurs qui remplissent le pays de Lumumba ont encouragé le président de la République à continuer dans cette mission suicidaire du point de vue constitutionnel.
 
Si le garant de la loi fondamentale prend plaisir à la torpiller lui-même dans son esprit et sa lettre, le peuple doit s'en inquiéter. Pourquoi ne pas solliciter une autre institution pour une lecture correcte de cet acte de haute portée politique et juridique.
Si hier la constitution ne signifiait rien pour le congolais ordinaire, tout a changé aujourd'hui. Le respect strict des dispositions constitutionnelles est le combat du peuple souverain qui n'entend nullement laisser place à la dictature.
 
Jamais plus une seule personne n'imposera sa volonté au détriment de la loi en RDC. Le congolais a versé du sang pour atteindre ce niveau de la démocratie et plus rien ne peut l'empêcher de défendre sa loi suprême, symbole de sa victoire sur la marche démocratique.
 
Oscar Moba Ngindu,
politologue et doctorant en Droit.

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