Est de la RDC: les états-majors de la région des Grands Lacs peuvent-ils empêcher l’escalade du conflit ?
Alors que les processus diplomatiques sont dans l’impasse et que les combats se poursuivent entre l’armée congolaise et les rebelles de l’AFC/M23, les pays de la région des Grands Lacs veulent éviter la propagation du conflit. Décrypt que la diplomatie est dans l’impasse, ce sont désormais les militaires qui se mettent à discuter. La Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), actuellement présidée par la RDC, convoque ses 12 pays membres pour une réunion extraordinaire et sécuritaire concernant l’est de la RDC. Elle se tiendra du 8 au 10 janvier à Livingstone, en Zambie.
Endiguer la contagion du conflit
« La situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la RDC s’est gravement détériorée depuis la dernière réunion des ministres de la Défense le 11 novembre à Kinshasa, explique une note interne à la CIRGL. La proximité des combats actifs avec les frontières internationales, associée à la présence de multiples acteurs armés et de forces négatives, augmente considérablement le risque d’incidents transfrontaliers et de déstabilisation supplémentaire affectant les pays voisins, en particulier le Burundi. »
La Zambie est aussi concernée puisqu’elle partage sa plus grande frontière avec la RDC. Si les rebelles progressaient plus au Sud vers la région minière du Katanga, la Zambie serait à risque. « Nous voulons la stabilité dans cette zone, s’il y a de l’instabilité, même dans notre pays nous serons affectés économiquement. Nous accueillons donc cette réunion pour trouver une solution et que nos frères de l’autre côté de la frontière jouissent de la paix comme nous le faisons depuis 1964 », a déclaré à la télévision zambienne Paul Shalala, porte-parole du ministère zambien de la Défense.
La réunion de Livingstone rassemblera d’abord des experts en défense le 8 janvier, puis les chefs d’état-major, avant d’accueillir les ministres de la Défense des pays représentés le samedi 10 janvier. Les organisateurs se contentent de préciser que le quorum (8 sur 12 pays) sera atteint mais se refusent à communiquer sur d’éventuels absents.
La présence ou non du Rwanda, directement mis en cause par les États-Unis dans l’expansion territoriale récente de l’AFC/M23, sera l’un des enjeux. La CIRGL ne mentionne d’ailleurs pas explicitement Kigali et se contente d’accuser le M23.
La bonne entente de tous ces pays et leur compréhension commune du conflit seront les principaux défis de cette réunion.
Le Pouvoir du peuple/ Jeune Afrique






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