La présence de Fabrice Puela à la Prison centrale de Bukavu révèle « une réalité affreuse »

La présence de Fabrice Puela à la Prison centrale de Bukavu révèle « une réalité affreuse »

Les visites sont interdites à la Prison centrale de Bukavu, la principale de cette ville de la province du Sud-Kivu à l'est du Congo, où séjourne Albert-Fabrice Puela le ministre congolais des Droits humains. Pas de visites, pour cause de Coronavirus, pénalisant une certaine catégorie des prisonniers. C'est ce lundi que ce membre du gouvernement Sama Lukonde et son convoi ont mis pied à ce centre pénitentiaire.

Surpopulation carcérale et ses désastreuses conséquences, insécurité alimentaire, cellules sans toît... Les principaux maux. Le directeur de la prison Youssoufou Maliki envisage de partenariats pour pallier à certains déficits et plaide pour la séparation de la maison d'arrêt et de la Prison. Lorsque le gouverneur de province s'active pour la délocalisation de ce centre d'incarcération, estimant que sa présence au cœur de la ville expose les pensionnaires. Et le ministre Puela, en itinérance dans cette partie orientale du pays, de présenter l'état de choses.

« Il y a un personnel pénitentiaire non mécanisé et pour la plupart non payé. C'est aussi le cas de la Prison centrale de Bukavu avec un personnel de 38 personnes mais il n'y a que 8 qui sont mécanisées et donc payées. Vous comprenez que c'est une voie ouverte à la tracasserie à l'encontre de visiteurs de prisonniers. C'est une situation héritée pour laquelle nous devons fournir des efforts pour améliorer entant que membres du gouvernement, chacun en ce qui le concerne... »

De conclure face à la presse, « nous avons constaté une surpopulation carcérale. Et pour ça nous plaidons pour le désengorgement. Nous sommes emmerveillés que pour la première fois un gouverneur, à l'occurrence celui du Sud-Kivu, qui déjà dans le cadre du partenariat public-privé vient de trouver un cadre pour construire une nouvelle prison. Ce qui est déjà un effort. Nous osons croire que tout sera mis en œuvre pour que le plus rapidement commencent les travaux de construction pour un meilleur cadre, avec le modèle de la prison de Luzumu, pour que les prisonniers apprennent les métiers. Qu'ils entrent criminels et ressortent utiles à la société. »

Mise en service en 1928 pourtant construite six ans plus tôt, pour seulement 500 personnes, la Prison centrale de Bukavu regorge actuellement 1507 pensionnaires. Trois fois plus que sa capacité d'accueil.

Tony-Antoine Dibendila


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