Tshopo : la réplique des motionnaires après le recours à la justice du gouverneur déchu

Tshopo : la réplique des motionnaires après le recours à la justice du gouverneur déchu

Nous faisons confiance en notre justice, particulièrement à la Cour constitutionnelle. C'est en ces termes que s'est exprimé l'un des députés provinciaux pétitionnaires Lotika Likwela Théoveul, élu de la circonscription de la ville de Kisangani, au cours d'un entretien accordé à quelques journalistes de la ville de Kisangani dimanche 18 avril, soit 72 heures après le vote de la motion de censure contre le gouvernement provincial de la Tshopo.

« Nous avons voté cette motion en conformité avec les textes légaux et réglementaires, y compris la constitution de notre pays... », assure l'élu. Entendu que les choses n'allaient pas dans « le sens de l'amélioration de la gestion de la chose publique en province de la Tshopo », les députés provinciaux ont décidé d'introduire pour la deuxième fois une motion de censure contre le gouverneur et le gouvernement provincial à l'intervalle de 10 mois, après la première motion. Cette fois, l'exécutif n'a pas résisté.

« Je suis très satisfait parce qu'il n'y a eu aucun incident majeur comme les chantres et autres choristes du gouverneur déchu l'attendaient (...) Il y avait beaucoup de menaces de ceux qui soutenaient l'ex-executif et leurs réactions préparaient des choses incompréhensibles contre l'Assemblée provinciale, surtout contre notre groupe de petitionnaires, mais cela ne nous a pas empêché de travailler dans la sérénité... », a-t-il expliqué.

Concernant les particularités de cette deuxième motion à l'espace de 10 mois, Théoveul Lotika, juriste et avocat au barreau de la Tshopo estime que le gouverneur déchu n'a pas eu le temps de se remettre en cause et retrouver la voie de la raison. Le président de la commission Politique, Administrative et Judiciaire de l'Assemblée provinciale de la Tshopo, avocat de son état, rassure avoir confiance en la Cour constitutionnelle saisit par le gouverneur dechu Walle.

« Tout citoyen est libre de saisir la justice lorsqu'il prétend que ses intérêts et/ou droits sont menacés ou violés, cas de monsieur le gouverneur déchu de la Tshopo le 15 avril dernier. Seulement, nous avons noté avec satisfaction que la Cour d'appel et la Cour constitutionnelle saisies à cet effet, la première citée vient de rendre son arrêt en sa défaveur, nous attendons maintenant que la Cour constitutionnelle se prononce », renchérit-il.

Toutefois, poursuit-il, « après avoir lu la requête, je suis très rassuré et confirme que le gouverneur déchu ne peut aucunement gagner un procès avec ses prétentions farfelues qu'il a amené par devant la Cour constitutionnelle, je reste confiant quant à l'issue de ce feuilleton et fais totalement confiance à la Haute Cour... »

Il regrette tout de même que les partisans du gouverneur ont poussé le culot très loin, jusqu'à citer les autorités judiciaires au niveau de la Haute Cour qui auraient des accointances avec le gouverneur déchu et affirmer à travers les réseaux sociaux qu'elles ne feront pas correctement leur travail.

Pour revenir sur ce qu'est véritablement une motion de censure. « La motion n'est pas un moyen de contrôle ordinaire comme tous les autres moyens. En principe, la motion est un acte dont dispose un député et/ou un groupe de députés pour mettre en cause la responsabilité de l'exécutif provincial. La motion de censure est largement différente des autres moyens de contrôle; question d'actualité, question orale avec ou sans débat entre autre (...) Il n'y a pas une autre manière de déchoir le gouverneur à la régulière plus que ce que les députés ont fait le 15 avril dernier. »

Pour rappel, en juin 2020, le gouverneur de la Tshopo Walle avait échappé bel à une précédente motion initiée contre lui, suite à la confusion qui avait régné à son temps sur le nombre de bulletins de vote annoncé par le président de cet organe délibérant en province de la Tshopo.

Sébastien Mulamba, depuis la Tshopo


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