Afrique : Akinwumi Adesina réélu pour un second mandat à la tête de la Banque Africaine de développement avec 100% des voix.

Afrique : Akinwumi Adesina réélu pour un second mandat à la tête de la Banque Africaine de développement avec 100% des voix.

Sorti blanchi des accusations de mauvaise gouvernance portées contre lui, Akinwumi Adesina brigue un second mandat à la tête de la Banque Africaine de Développement. Résultats issus des élections tenues ce 27 aout 2020 lors des assemblées annuelles de la banque panafricaine qui se sont déroulées en mode vidéo-conférence en raison de la pandémie à Coronavirus.

Le président sortant de la Banque africaine de développement (BAD), seul candidat à sa réélection, a été reconduit à son poste. Il a été réélu à l’issue d’un vote, comme décidé en février par le comité en charge de l’élection , ne décrochant pas seulement la double majorité requise, auprès des actionnaires africains et de l’ensemble des actionnaires, mais une unanimité totale, avec 100 % des voix africaines et 100 % du total des voix, rapporte le magasine Le Monde.

Cette élection est historique, c’est la première fois qu’un président est élu avec 100 % des voix », a souligné Akinwumi Adesina lors de la cérémonie de clôture des assemblées annuelles, remerciant les gouverneurs de la banque « d’avoir choisi la continuité » et « de renforcer l’institution ». « La BAD aura besoin de chacun d’entre vous », a-t-il ajouté. Ce second mandat est l’accomplissement d’une promesse qu’il avait faite en 2015 « Ces assemblées annuelles sont pour moi l’occasion de vous offrir à nouveau mes services et de briguer un second mandat à la présidence de la BAD », avait d’emblée fixé comme enjeu Akinwumi Adesina, élu en 2015.

Le résultat de l’élection lui a permis d’obtenir 100 % des votes de tous les membres régionaux et non régionaux de la Banque. En tant que président nouvellement réélu, le Dr Adesina, ancien ministre nigérian de l’Agriculture, débutera son nouveau mandat (de 5 ans) le 1er septembre 2020.

Les grandes réalisations d’Adesina

Lors de son premier mandat, Akinwuni Adesina avait présenté une vision axée sur les « Cinq grandes priorités » (le Top 5) en matière de développement. Une vision qui fait partie intégrante du Top 5 : éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie, nourrir l’Afrique, industrialiser l’Afrique, intégrer l’Afrique et améliorer la qualité de vie des Africains.

1°Eclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie
En lançant le Nouveau Pacte pour l’énergie en Afrique, la BAD s’est engagée à investir 12 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années, avec l’ambition de mobiliser 45 à 50 milliards de dollars supplémentaires. L’objectif étant de raccorder 130 millions de personnes au réseau et 75 millions à des systèmes hors réseau, afin de permettre à environ 150 millions de ménages d’accéder à une source d’énergie de cuisson propre.

« Nous avons mis en place une toute nouvelle vice-présidence spécifiquement dédiée à l’électricité et à l’énergie : la BAD est la première et l’unique banque multilatérale de développement à prendre une telle mesure. L’an dernier, nous avons financé un projet d’un montant de 1,7 milliard de dollars dans le secteur de l’électricité couvrant 19 pays et, cette année, ce montant passera à 2 milliards de dollars, avec l’objectif de mobiliser 5 à 7 milliards de dollars. Nous avons lancé un Fonds pour l’inclusion énergétique à hauteur de 500 millions de dollars avec un capital de départ de 100 millions de dollars, afin de proposer des financements abordables aux entreprises qui investissent dans les énergies renouvelables » avait souligné le président réélu de la BAD.

2° Nourrir l’Afrique
La BAD s’est engagée à verser 24 milliards de dollars pour soutenir l’agriculture au cours des 10 prochaines années, en se focalisant principalement sur l’autosuffisance alimentaire et sur l’industrialisation agricole.

Les sécheresses et les famines auxquelles certains pays ont récemment été confrontés appellent à des interventions immédiates, car 20 millions de personnes sont touchées par l’insécurité alimentaire et souffrent de malnutrition aiguë. C’est dans ce cadre que la BAD a décidé de lancer de nouvelles initiatives et prévoit un appui de 1,1 milliard de dollars, suite à l’approbation de son Conseil d’administration, pour faire face à cette crise et prévenir toute nouvelle famine en cas de sécheresse.

3° intégrer l’Afrique et améliorer la qualité de vie des Africains.
La BAD tient à rehausser le niveau de parité en Afrique. C’est la raison pour laquelle elle a lancé le programme de Discrimination positive en matière de financement pour les femmes d’Afrique (AFAWA) en vue de mobiliser 3 milliards de dollars en faveur des femmes entrepreneures.

Cette banque panafricaine s’est aussi attaquée au plus grand problème social auquel l’Afrique fait face aujourd’hui : les taux élevés de chômage des jeunes. Actuellement, un tiers des 230 millions de jeunes Africains (environ 20 % de la population jeune dans le monde) est au chômage ou se sent découragés, un autre tiers occupe un emploi précaire, principalement dans le secteur informel, et seulement 1/6e occupe des emplois rémunérés.

Pour résoudre ce problème, la BAD a lancé l’initiative ENABLE Youth (Empowering Novel Agri-Busness-Led Employment Youth) un programme destiné aux jeunes et promouvant l’entrepreneuriat dans l’agro-industrie par l’acquisition de compétences qui s’adresse aux jeunes « agripreneurs » dans plusieurs pays, dont le Nigeria et le Soudan. La BAD s’est également associée à la Banque européenne d’investissement (BEI) afin de lancer l’initiative « Boost Africa » pour les jeunes entrepreneurs innovants, et elle investit dans la formation de la jeunesse dans les domaines des sciences, des technologies et des mathématiques en vue de les préparer aux emplois de demain.
Quelques succès de l’année 2016 en chiffres :

  • 3,3 millions d’Africains ont bénéficié de nouveaux raccordements à l’électricité ;
  • 3,7 millions d’Africains ont bénéficié d’une amélioration de leur accès à l’eau et à l’assainissement ;
  • 5,7 millions d’Africains ont bénéficié d’améliorations dans le secteur agricole ;
  • 9,3 millions d’Africains ont bénéficié d’un accès à des services de santé améliorés ;
  • 7 millions d’Africains ont bénéficié d’une amélioration de leur accès aux services de transport.

La Banque africaine de développement répond aux attentes des Africains, et elle a la capacité de faire mieux ; elle a juste besoin de fonds considérables pour poursuivre ses efforts.

 

LePouvoir/Z.E


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