RDC : Le Gouverneur de la BCC préoccupé du dossier MYGOLDREV

RDC : Le Gouverneur de la BCC préoccupé du dossier MYGOLDREV

Le Gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Déogratias Mutombo, est inquiet du retard mis par les instances étatiques dans le scellé des sites de la structure MYGOLDREV. Il l’a fait savoir dans une correspondance adressée au Premier Ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, au mois d’août dernier. D’après le gouverneur de la BCC, cette structure non agréée, procède à la collecte illégale de l’épargne du public.

Le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo redoute une escroquérie de masse. Ce dernier a alerté le Premier ministre au sujet du retard pris par des instances étatiques, notamment la justice, la police et les services spécialisés. La BCC tient à ce que ces instances se saisissent du dossier de collecte illégale de l’épargne du public par la structure non agréée MYGOLDREV. Spécifiquement, la BCC a recommandé que les sites opérationnels de ladite structure soient scellés, en plus de l’interpellation des responsables et la mise sous séquestre de leurs avoirs et biens.

« A ce jour, cette structure non agréée continue à collecter illégalement l’épargne auprès du public sans être inquiétée car les scellés posés en date du 1er août 2020 au niveau du site opérationnel principal de Kinshasa-Limete, ont été brisés par les promoteurs avec l’appui de certains services étatiques », s’est indigné le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo.

Depuis son lancement en RDC, MYGOLDREV enregistre un grand nombre de gens qui adhèrent tous les jours avec leur argent en contrepartie d’un pourcentage.

La structure MYGOLDREV propose trois contrats à sa clientèle. Chaque abonné faisant son libre choix. Il s’agit d’un contrat de 80 jours pour les clients qui versent entre 10 USD et 10.000 USD ; un deuxième contrat de 90 jours pour les clients qui versent entre 10.000 et 100.000USD ; un troisième contrat de 100 jours pour les clients de 100.000 plus (VIP).

L’ouverture d’un compte à MYGOLDREV est conditionné par une adhésion au regard des trois contrats sus-évoqués. L’adhérant doit aussi verser en amont une somme d’argent non remboursable à la hauteur de 15% de son capital. Pour le client qui vient avec la somme de 1000 USD par exemple, il doit verser à l’entreprise une somme de 150 USD, donc 1150 USD.
Le capital versé est quant à lui récupérable seulement après 80 jours pour la première catégorie de contrat, 90 jours pour la deuxième catégorie de contrat et 100 jours pour la troisième catégorie de contrat.

A la question de savoir où sont allouées toutes les sommes d’argent des clients, l’un des promoteurs de MYGOLDREV répond à Zoom Eco sous le sceau de l’anonymat : « L’argent que nous collectons auprès de nos clients est alloué à l’achat des minerais, en l’occurrence l’Or. C’est grâce au bénéfice issu de la vente des minerais que nous parvenons à rémunérer nos clients », a-t-il renseigné.

De quoi renforcer la crainte du Gouverneur de la BCC : « Le retard accusé dans l’intervention attendue favorise la poursuite de ces transactions d’escroquerie qui agrandit au fur et à mesure le cercle des victimes au point où il y a de fortes évidences de compromettre dans un proche avenir la paix sociale et la sécurité publique », craint le Gouverneur Déogratias Mutombo.

A la 16ème rue au quartier industriel dans la commune de Limete où sont implantés la plupart des sites de MYGOLDREV, s’observe un engouement. La société est perçue par les gens qui y adhèrent comme une entité économique sérieuse venue mettre fin au chômage des congolais. Un véritable caviar pour les hommes d’affaires qui espèrent rendre prolifique leur business. Que des espoirs qui risquent de s’estomper si les autorités décidaient d’arrêter l’aventure MYGOLDREV à l’allure de Bindo de triste mémoire.

LePouvoir/Z.E


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