En RD Congo, l'opinion en attente de « la suppression définitive » de la taxation RAM

En RD Congo, l'opinion en attente de « la suppression définitive » de la taxation RAM

Plusieurs sources proches de l'Autorité de régulation de poste et des télécommunications du Congo (ARPTC) et du ministère des PTNTIC, confirment ce weekend la décision de la première de suspendre le système de blocage des sims non en ordre avec la taxation RAM. Une décision qui arrive après plusieurs manifestations contre cette taxe jugée par certains comme « illégale, très coûteuse et inutile » pour les congolais lambdas.

Un assouplissement qui, disent les sources, permet de mieux étudier et réajuster les modalités de paiement de cette nouvelle taxe rejetée par les contribuables congolais.

Une question débattue lors du dernier conseil des ministres, au cours duquel le vice-premier ministre en charge de l’Intérieur a suggéré la mise en place d’une commission interministérielle pour examiner cette situation afin d’éclairer l’opinion sur la taxation de ce service RAM, le gouvernement ayant pris note du mécontentement de la population.

« Ce que nous demandons, c'est la suppression définitive de ce paiement qui nous rapporte rien en retour. Si c'est une question des téléphones contrefaits, eh bien c'est à l'Office congolais de contrôle (OCC) de s'en occuper parce que c'est justement ça son travail. Si c'est une question de placer la connexion internet à certains milieux comme les universités ou les aéroports, on pense que nos universités et nos aéroports ont assez des moyens pour placer la connexion internet eux-mêmes », a maugréé un manifestant lors de la dernière marche contre RAM.

Qui a conclu, « nous ne voulons pas souffrir de plus, on souffre déjà beaucoup. Si l'État veut renflouer ses caisses, il a d'autres possibilités pour ça. RAM n'est rien d'autre que de l'escroquerie. Le gouvernement veut taxer l'utilisation de nos téléphones portables au-delà de la TVA qu'il nous retire lors de l'achat de ces téléphones et de tous les achats de nos crédits ? Alors qu'il nous taxe dans ce cas l'utilisation de la télévision, des vêtements, de nos chaises et tables, de nos voitures, de nos assiettes et autres couverts... Pourquoi seulement le téléphone ? On soupçonne derrière l'idée de réduire l'accès à l'information, l'accès à internet et aux réseaux sociaux, une sorte de musèlement de l'opinion, le téléphone étant devenu très important en cette matière. »

Quelques jours plus tôt, la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) avait saisi, une nouvelle fois, le premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde, rappelant cette fois-ci les préoccupations de ses membres du secteur de télécommunications quant à RAM, sollicitant la surséance. 

Tony-Antoine Dibendila


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